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Ma vie, la vraie

Comment j’ai perdu mon bras gauche…

Noël en famille – attention billet long comme un bras valide.

A l’aller, je ne me la laisse pas conter par la SNCF, je grimpe dans le premier TER Champagne Ardennes que je vois même si il n’était pas encore annoncé. Objectif: être, pour une fois, assis, pas comme les années précédentes. Heureux hasard pour moi: c’était le bon et mon cul est bien fourré sur son fauteuil. Mauvais pour d’autres puisqu’en raison du trop grand nombre de passagers embarquées, certains devront descendre pour cause de surcharge du train.. Ben oui, un train sans réservations, tu peux vendre des places tant que les gens achètent et dans ces moments là, ben la SNCF, elle se fait plaiz’ (y’a même une petite minette qui, debout, à côté de moi, racontait qu’elle venait juste d’acheter son billet alors que le train était déjà ultra bondé de la mort).

En Haute Marne, j’accompagne ma sœur chez le médecin pour sa fille: bilan, une gastro que la petite filoute nous offrira à tous pour Nael… Et hop, comment une famille passera son samedi entre les toilettes et le lit. Trop la classe 😉

Je survis aux mètres de neiges (déneigés bien comme il faut parce qu’on n’est pas des parisiens tout de même) et au verglas.

Au retour, je serai debout dans le train (on peut pas tout avoir: une machine à pain en cadeau par Môman  et une place assise). Tout va bien, le train n’a que 40 minutes de retard. En plus, c’est un train magique: on réussit à tenir tous dedans (c’est à dire, nous, plus les deux trains précédents annulés). Je suis entre deux wagons, sans chauffage, sans lumière avec de la neige qui rentre aussi en dedans. Tout va bien, tout va bien… J’arrive frigorifié et à point d’heure à la gare. Bien sûr, aucun contrôleur en vue pour nous donner des billets de retard pour demander un remboursement, faut quand même pas push GrandMa in the nettles.

J’ai de la place dans le RER, tout va bien, c’est grande classe. Je prend le chemin de ma correspondance, commence à descendre les escaliers et là… patatra, je me rends compte qu’au milieu de la descente, j’ai plus de marches sous les pieds (lévitation?). La pesanteur, qui passait par là, m’aidera à me rétamer lamentablement en bas des escaliers.

Le temps de me faire aider par un joli jeune homme à me relever et à ramasser tant bien que mal ma fierté, j’ai un putain de mal au bras gauche. Pour moi, ça reste normal. Tu chois, tu souffres (mais le ‘il faut souffrir pour être belle’ ne fonctionne pas dans ce contexte, attention lecteur). T’es quand même vénère parce que t’as été un warrior de survivre à ce WE et paf, tu t’éclates dans la dernière ligne droite.

Et puis après, ton corps, il se répare tout seul grâce à Maestro et Pierre. Normalement.

Ces chacaux ne faisant pas assez rapidement leur boulot (en gros, j’ai pas dormi de la nuit tellement j’avais mal), j’ai dû me rendre aux urgences pour qu’ils trouvent ce qui n’allait pas. Bon là, comme j’ai la flemme d’aller voir le nom exact du machin, disons que  j’ai un truc de fêlé au coude et c’est pour ça que je souffre à plus pouvoir en bouger le bras gauche.

Ainsi la vie continua et je partis, dans la joie et la bonne humeur, au travail où je ne serai pas d’une bien grande utilité pendant quelques jours. Ben oui, tape un mail à une main quand tu as toujours été habitué à taper à deux, change une imprimante qui pèse le poids d’un âne mort (ou un PéCé, au choix) avec une seule main (lévitation again?).

Depuis, la vie continue toujours. J’ai moins mal mais j’ai toujours cette vilaine écharpe,  vu qu’à chacune des mes tentatives d’enlèvement, j’échoue lamentablement dans mes tâches quotidiennes (genre baisser un strapontin pour m’asseoir dans le train ou mettre ma veste en commençant par ma main droite). En tout cas, maintenant, je peux taper des deux mains sans trop souffrir et ça c’est trop la classe !

Pour les personnes qui, en fait, n’en ont rien à faire de ma pauvre main gauche morte: sachez que la machine à pain a survécu à la chute (mais pas le Père Noël en chocolat), il m’a juste fallu quinze jours pour pouvoir la sortir de son sac, parce que quand tu as un bras, tu as droit au chocolat mais pas à porter des gros trucs…

Au moins, j’aurai appris, à travers cette mésaventure qu’une main gauche ça peut servir quand tu es droitier, genre à déverrouiller ton PC avec Ctrl/Alt/Suppr, faire la vaisselle, t’aider à t’essuyer avec ton immense serviette de bain,  ouvrir un paquet de café…

Rendez-vous demain chez l’orthopédiste qui me dira si, un jour je pourrais reprendre une vie normale et retirer cette putain d’écharpe…

Et bonne année hein ?