Tu pues !

Avec ces grandes chaleurs de l’été de cette fin Aout, je vois fleurir sur le Net et sur les réseaux sociaux des messages accablants sur les vilaines odeurs corporelles des autres (à prononcer avec une voix lugubre, c’est mieux) dans les transports en commun et lieux de ‘convivialité’.

Sachez, ô grand donneurs de leçons que ce n’est pas forcement parce que l’on a oublié de se doucher ou que notre hygiène est douteuse que nous, les puants des transports, vous faisons partager, souvent à notre grand désarroi, nos odeurs corporelles…

Je vais juste vous conter ma journée, pour vous compreniez que vilipender à tout va n’est pas toujours justifié et qu’un peu d’humilité ne vous ferait pas de mal (non pas toi, toi, oui, toi au fond qui te cache)…  Attention, ça va être super long.

Acte 1: les préparatifs

Je prépare mon sac à main hier matin en sachant que j’allais passer la nuit chez Chabadoowah. Deux ticheurtes dans le sac, mon super déo à bille (Narta 72h qui ne tient, en fait, qu’une douzaine d’heures au vu de la forte activité de mes glandes sous mes aisselles. Tout autre type de déodorant ou expérience zen se solde par un échec au bout d’une heure), un zlip’, et des chaussettes. Avec tout ça, mon sac commence à être assez plein (je me promène pas avec un sac de voyage non plus, faut pas déconner). Rajoutez le chargeur de portable, quelques boites de CD avec des films bien dedans pour la soirée et quelques petits accessoires geek mais totalement indispensable et voilà ma besace presqu’à bloc.

Acte 2: les bureaux de tabac meurent en Aout

Sur le chemin du travail, je trouve enfin un bureau de tabac ouvert (les 4 autour de chez moi sont fermés). Je prend une cartouche de clopes parce que ce WE, je n’aurai pas le temps d’en acheter. Ma besace n’a plus de place libre même en optimisant le rangement.

Acte 3: la climatisation n’existe pas

Ma journée d’hier s’est passée dans un local où nous stockons notre matériel. Ce local doit être rangé en vu de notre future fusion. Il n’y a pas de climatisation, les fenêtres sont condamnées et plusieurs ordinateurs doivent y rester allumer. Bref, la température approche de celle de la jungle tropicale mais sans l’humidité.Au bout d’une demi-heure, je suis en nage. J’y passerai une demi journée à dégouliner et je n’ai pas de douche à disposition et franchement, pour les aficionados de la lingette, le paquet (si j’avais eu de la place dans mon sac) aurait été vidé bien avant la fin de ma journée. Et je suis désolé mais toi, oui , toi que j’ai hélé au début du billet, si je dégaine une lingette en plein métro, tu me feras le même regard désapprobateur que si je puais parce que tu n’es jamais content.

Ce local est à une bonne demi heure de marche du bureau et je rentre à pieds (pas assez de place dans notre utilitaire et nous sommes trois pour deux places). Non, je ne sacrifierai pas un ticheurte propre pour le rendre dégueulasse en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire (soit la demi heure fatale) et le soir, j’ai toujours mon rencard.

Je prend le RER, mon Narta arrive encore à faire un peu effet mais il n’en mène pas large.

Acte 4: Chabadawooh

Je change de ticheurte chez lui pour y passer la nuit, ticheurte que je peinerai à extraire de ma besace pas encombrée du tout.

Acte 5: tiens, c’est aujourd’hui

Ce matin, douche et j’enfile mon 2e ticheurte. Mon copain Narta sous les aisselles, je file au bureau. Le RER est déjà bondé à 8h du matin et il y règne une chaleur étouffante.

Aujourd’hui, nous allons remplacer les écrans 17 pouces d’un service par des écrans tous neufs de 22 pouces. Par conséquent, si manutention il y a, pas de tongs et pas de pantacourt pour sécuriser un peu mon corps pour le lecteur qui serait tenté de me proposer cette solution…

Acte 6: la climatisation n’existe toujours pas

Sur site, nous déchargeons les écrans (on livre, on installe et on repart avec le vieux un peu comme Darty en fait), nous les montons au bon étage et je découvre que le service est en plein soleil, vitres fermées avec un bon 30° dans ta face. Mêmes conséquences que plus haut, la demi heure fatale. Je resterai dans cette fournaise toute la journée avec un petit retour dans notre local pour y redéposer les écrans changés. Je pue, je dégouline, j’en peux plus parce que c’est lourd ces putains d’écrans et j’ai soif à en crever.

Acte 7: home sweet home

Et bien maintenant, il faut que je rentre chez moi… Et non, les mickeys et les minnies, je ne me collerai pas du Narta en plus sur mes aisselles pour vous faire plaisir. Je n’ai toujours pas de douche au bureau et je ne veux pas avoir les dessous de bras en feu et qui grattent parce qu’ils sont irrités à cause de l’alcool juste pour votre plaisir…

Sache donc lecteur que moi aussi, je m’indisposais mais travaillant trop loin de mon domicile, je ne peux pas rentrer à pieds (ou si mais quand j’arrive, je repars parce que c’est le matin… et que je me suis perdu). Alors, dans ces cas là, je me fais tout petit, je baisse les bras autant que possible et les yeux devant vos regard dédaigneux.

Finale!

Je fais quoi alors ? Je m’entaille les aisselles avec une lame de rasoir pour tuer une à une mes glandes rebelles ? Vous vous cotisez pour m’acheter un stock infini de lingettes (Séphora: 2€ les 4 ==> on part sur au moins un paquet par jour alors)? Je me mets une couronne d’épines pour empêcher la sueur de couler sur mon front ? Je pose un arrêt maladie dès que la température dépasse les 25°C ? Vous allez installer une climatisation qui fonctionne dans les transports en commun ?

Certes, cela n’arrive pas tous les jours mais comme je n’ai pas trop trop choisi mon corps, je m’en accommode comme je peux.

En fait, ce qui m’agace surtout, c’est que la patience des gens est inversement proportionnelle à leur nombre dans un espace exigu.

2 réflexions au sujet de « Tu pues ! »

  1. Le pire, c’est que le cher lecteur pue également. Eh oui, on est tous égaux face une rame bondée non climatisée…

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