Le SMS de rupture

Ce week-end, je me suis fait larguer d’amitié par SMS. Oui, par SMS en 2020. A la rigueur par Snap, Messenger, pourquoi pas, une lettre parce qu’on est des personnes âgées nées le millénaire dernier, non par SMS et pour ajouter la cerise sur le gâteau moisi de cette amitié, il a fallu que je demande. Tu m’étonnes que le monde parte en cacahuète, que le climat vrille et qu’Anne H n’ait pas réussi à éradiquer le coronavirus !

En fait, n’ayant pas trop de nouvelles de cette amie qui, sur un groupe WhatsApp, nous annonçait se retirer dudit groupe pour cause de fin d’amitié, j’ai, idiot que je suis, envoyé un message lui demandant si tout allait bien et lui faisant des bisous (les bisous c’est important, ça permet de lutter efficacement contre le trou dans la couche d’ozone). Sans nouvelles 3 jours après, et comme une adolescente n’en pouvant plus d’être sans nouvelles de son prétendant, je m’enquiers auprès de ma future ex-pote de « hein, que se passe-t-il ? why ce mioutism ? »

La réponse va te surprendre: « elle a mis fin à son amitié avec Rihanna (appelons là comme ça) et me souhaite tout le bonheur du monde. Cordialement ». Et là, j’ai ce gout dans la bouche – je suis une adolescente dans la fleur de l’âge – et une vague impression que je suis en train de me faire larguer mais même pas directement. Je demande donc de plus amples explications: « sommes nous encore amis ? la Terre est-elle plate ? » Des questions cruciales et brulantes d’actualité ! Et bien, je vous le donne en un parce que j’ai déjà spoilé la suite au précédent paragraphe: « J’ai pris une décision. Tu es plus proche de Rihanna que de moi donc par conséquent, notre amitié est finie, blablabla, bonne route, sois heureux ».

Mon sourcil se hausse et j’ai un peu de mal à comprendre: une très grosse décennie d’amitié stoppée nette sans explications, par SMS parce que je suis ami avec Rihanna. Non mais, faut vraiment être gonflé et être une sacrée raclure pour balancer ça. Tu fais des choix, OK. Les assumer c’est mieux non ? La meuf a pas loin de cinquante berges et est encore infoutue de s’adresser en face à quelqu’un ! On en parle, et si tu ne veux pas en débattre, libre à toi, mais vomis ta rancœur qu’on sache à quoi s’en tenir. Si ça peut aussi me permettre de m’améliorer si j’ai fait une connerie, autant que les autres, celles et ceux qui sont encore mes ami(e)s, en profitent.

Bon ben ça m’a vénère, vénère d’avoir été obligé de quémander pour savoir où en était notre amitié et vénère d’avoir pensé que ce serait quelqu’un sur ou pour qui je pourrais compter, et je l’ai éjectée de mes contacts comme elle le souhaitait (chose que je ne fais jamais puisque j’ai encore des numéros de gens avec qui j’étais en fac il y a 20 ans, numéros sûrement réattribués mais c’est pas grave) et ne lui ai rien souhaité: ni bien, ni mal. Ce n’est plus mon amie, je m’en carre le coquillard que sa vie soit belle ou moche. Et ne me souhaite pas une belle vie parce que tu n’aurais pas agi comme ça si tu en avais quelque chose à faire, hypocrite de mes deux noisettes.

A jamais! Enfin même pas, parce que notre boite est une petite boite et qu’on se recroisera sûrement. Il me siéra alors bien de ne plus te (re)connaitre.

Tronche de vieux dealer

Ce week-end, pour fêter une AG bien studieuse, je suis allé en boite.

Je dansais au son d’un Stéphanie de Monaco quand un con de jeune m’a adressé la parole:

_ Excusez-moi Monsieur, vous n’auriez pas de la drogue ?

_ Hein ??? Mais pourquoi tu me demandes ça ?

_ Ben, vous avez l’air … … expérimenté.

_ Bon, ben je vais me permettre de te dire ‘File sale jeune’ et je suis retourné à ma danse frénétique

Jusque là, mes 40 ans, je les vivais plutôt pas mal. Heureusement que mon filleul n’a pas 18 ans cette année, sinon je m’inscrivais direct en maison de retraite.